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Jour de fête

Extrait du catalogue publié à l’occasion de l’exposition personnelle de l’artiste à la galerie pascaline mulliez, 10 fév – 9 mars 2011

Marie-Cécile Aptel peint entre drapeaux et jardins en été. Enivrée par ses propres gestes au sein d’une toile grand format, elle s’active nerveusement autour de tâches, mots et mouvements dynamiques. Elle cherche ce que son corps pourrait ressentir s’il se libérait des contraintes du temps et de la réalité afin d’atteindre un état de transe joyeuse : une danse de la peinture sale et lumineuse, cachant en fait un récit, inavoué ou non su, dans les recouvrements successifs qui se jouent de notre œil. C’est nerveux et beau, plus grand et plus large qu’elle : la couleur ne lui fait pas peur. On voit qui sont ses anciens amis en peinture et qui sont ses ennemis aujourd’hui : elle combat seule sur le champ de bataille de ses perceptions et de ses convictions avec constance et ferveur.

Ces toiles sont parfois de grands tableaux, de ceux qu’on avait à l’école jadis : noirs en ardoise, sur lesquels la craie blanche seule pouvait tracer nos leçons, nos erreurs de calcul, nos récitations mal apprises, nos règles grammaticales ennuyeuses. Et hop ! Elle en fait une fête de la couleur et un chemin d’école buissonnière, un bras d’honneur à ceux qui contestent que l’on peut encore peindre et ainsi.

Ça grouille de vitalité, ça va dans toutes les directions et parfois le haut le bas, la droite la gauche se valent s’il n’y avait les coulures tombant vers le sol. Elle sature sa toile de couleurs et de gestes amples qui s’enrichissent à mesure de l’avancée du tableau. Les mots énigmatiques qui s’inscrivent nous rappellent qu’elle n’est nullement perdue dans l’espace perceptif mais qu’elle analyse aussi, qu’avec l’image va le verbe, le souvenir, l’événement marquant noyé dans la légèreté apparente du réel.

Je la sens en colère et qu’elle n’ose pas tout dire de ce qui la rend ainsi : alors la toile sert d’exutoire à l’immensité de son désir.

Florence Chevallier
26 février 2009.

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Qui a peur de la couleur ? Peintures de la collection du Frac Haute-Normandie

Extrait du dossier de presse, 19 janvier – 2 mars 2008

 » L’artiste n’hésite pas à recourir à la peinture sur grand format et aux couleurs vives, avec des rythmes d’énergie et d’exubérance gestuelles. Elle procède par combinaison de larges touches de pinceaux, d’empreintes géométriques, des symboles, des tâches, des lettres, et des chiffres. Ses études fluides de cercles, de lignes, d’ellipses, de triangles, et de trapézoïdes créent des collisions délirantes de formes vaguement mathématiques qui semblent se lâcher sur la toile ou le papier. Considérant ses explosions colorées des paysages qui captent l’humeur, la nature, et «  le simple processus de création de l’art, » le résultat est une œuvre à la fois joueuse et énigmatique. Avec une composition et une méthode de faire et de refaire pour arriver à un équilibre qui la satisfait, elle manie la juxtaposition du contrôle et de la liberté. Parmi ses influences d’après-guerre et contemporaines on peut citer Jean-Michel Basquiat, Joan Mitchell, Mark Rothko, Cy Twombly, ainsi que les grands du minimalisme à la fin du vingtième siècle. « 

Extrait du dossier de presse de l’exposition Qui a peur de la couleur ? Peintures de la collection du Frac Haute-Normandie, 19 janvier – 2 mars 2008.

Gallery Paris