Ran ZHANG

Natritine Gaze

6 NOVEMBRE – 5 DÉCEMBRE 2015

La galerie Pascaline Mulliez est heureuse de vous présenter l’exposition Natritine Gaze, un accrochage d’œuvres récentes de l’artiste Ran Zhang. Originaire de Tianjin (Chine) elle vit aujourd’hui à Berlin (DE). Après des études d’arts graphiques et de design dans son pays d’origine, elle décide de rejoindre les Beaux-Arts d’Amsterdam (NL) où elle est invitée ensuite pour une résidence de deux années à la Rijskakademie (2011-2013).

STATEMENT

« Toute information -à un moment donné- fait partie de notre conscience, ce qui fait de l’expérience consciente à la fois ce qu’il y a de plus familier et de plus mystérieux. »¹

Dans ses derniers travaux, Ran Zhang tente de démontrer comment les fonctions de l’image peuvent être aussi un moyen de façonner notre perception. Elle se concentre sur la relation entre perception et image : au travers du seul regard sur la surface plane d’une image, l’expérience perceptive constitue une entité complexe. De la simple tache le regard se déplace à l’ensemble de l’image. L’esprit perçoit les informations, lesquelles interagissent avec la perception, le cognitif, l’affectif, le social, le culturel et le bagage historique propre à l’observateur. Elles prennent racine dans notre subjectivité, sont en constante évolution et se font événement dans notre esprit.

Les quatre œuvres Natritine Gaze (partie 1-4, 2014-15) ont pour base un fichier numérique composé d’environ 20 000 photographies prises au microscope. Elles donnent à voir un ensemble de substances -synthétiques ou naturelles- d’objets qui nous entourent : le plastique, le tissu, le papier, le métal, le bois, le caoutchouc, le sable, la pierre, le sucre, le sel, les épices, les pollens, les plantes, les insectes et les poussières domestiques. En combinant en une seule image les agrandissements, il devient possible de voir cet assemblage en un tout (grossi 200 fois).

L’image mélange impression jet d’encre, sérigraphie CMJN et peinture sur papier. Pour que soient équilibrés les deux procédés de perception à savoir la reconnaissance du sujet et la prise de conscience de l’image en tant que matérialité, il s’agit de trouver une position où chacun perd sa stricte définition.

Dans la série Anti-properties (2015), à partir du fichier numérique de Natritine Gaze, les images ont été refaçonnées de manière aléatoire. Imprimées soit par impression à jet d’encre soit en sérigraphie, elles sont recouvertes de lavis d’aquarelle. Le processus même du séchage réorganise la surface imprimée en créant de nouvelles formes, lesquelles sont ensuite recouvertes d’un lavis de peinture. L’acte de peindre se conforme alors à la façon dont un artiste peut suivre des yeux son modèle et transformer des formes en chimères, quelque chose comme un esprit qui prendrait corps.

Ran Zhang, octobre 2015
©galeriepascalinemulliez

1: Max Velmans et Susan Schneider, The Black Companion to Consciousness, 2008.